Actualités

MERCREDI 19 JUIN 2024

Soirée très réussie au "Faitout" à la Mulatière. Près de 150 personnes ont participé à cette soirée "Palestine" organisée au profit d'un projet d'éducation artistique pour les enfants des camps de réfugiés de Naplouse porté par "Project Hope".

De nombreux manifestants ont défilé samedi 15 juin pour réclamer la libération de Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné en France depuis plus de 40 ans, et pour exiger un cessez-le-feu immédiat à Gaza et l'arrêt du génocide perpétré par les israéliens contre les palestiniens.

Jérome Faynel a pris la parole à la fin de la manifestation pour parler des prisonniers palestiniens emprisonnés sans motif et qui ont subi des exactions, des tortures, des humiliations par les israéliens

SAMEDI 8 JUIN 2024 plus de 5000 manifestants ont marché pour Gaza

SAMEDI 1er JUIN 2024

Une foule massive s'est réunie place Bellecour en soutien à la Palestine et pour dénoncer l'offensive israélienne à Gaza et les massacres de civils, femmes et enfants.

Environ 5000 personnes étaient présentes pour dénoncer un génocide et demander un cessez le feu.

URGENCE RAFAH !

Lundi 27 mai 2024

Place de la Comédie - LYON

de 17H30 à 19H30

Beaucoup de monde, énormément de jeunes, la place de la Comédie entre Hôtel de Ville et Opéra était trop petite pour contenir l'affluence alors que le rassemblement avait été décidé par le Collectif 69, seulement en début d'après midi, laissant peu de temps pour avertir sur les réseaux sociaux.

Plus que jamais, les palestiniens ont besoin de notre soutien

Jeudi 23 mai 2024 à 18H00

Bourse du travail de LYON (205, place Guichard - 69003 LYON)

Rencontre-débat avec Sabri Giroud, archéologue franco-palestinien autour du livre "la Palestine en 50 portraits"

Samedi 18 mai

Malgré la pluie, de nombreux manifestants étaient présents à l'appel des étudiants. Le cortège s'est dirigé vers le parc des droits de l'homme. 

Dans le parc des droits de l'Homme, à 15h, sous le soleil cette fois, accueil chaleureux par de nombreux militants, et, à la tribune, nombreuses prises de parole, notamment des députés LFI.

mar.

18

juin

2024

Lyon, capitale européenne du militaro-sécuritaire ?

Comment lutter contre ceux pour qui guerres = fric ? 

Discutons-en samedi 22 juin à partir de 15 h !

 

À l’occasion de la publication de la brochure « Lyon, capitale européenne du militaro-sécuritaire ? », la CRAAM Lyon vous invite à une après-midi de présentation et de discussion, prélude à l’action collective !

Créée en 2022, la Coordination Régionale Anti-Armement et Militarisme lutte à Lyon, Saint-Étienne et Grenoble contre les différentes facettes du militarisme actuel. Sur Lyon, le plus grande partie de notre activité a consisté à suivre le fil entamé par l’Observatoire des Armements avec la publication du rapport « La guerre se fabrique près de chez nous ».

Ainsi, nous avons enquêté sur la production locale de matériel militaire : quelles entreprises y trempent ? Quelles institutions publiques encouragent cette production ? Qu’est ce qui existe déjà dans ce domaine, et qu’est-ce qui est en gestation à l’heure du « réarmement » et de la « finance patriotique » macroniens ?

De fil en aiguille, nous avons pris conscience de l’existence d’un réseau lyonnais de l’industrie militaire. Au centre de cette toile, un acteur économique aussi discret qu’incontournable : la Chambre de Commerce et d’Industrie de Lyon -Métropole Saint Étienne et Roanne (CCI).

Autour d’elle, diverses structures qu’elle détient ou dont elle est à l’origine : le Cluster EDEN(« lobby » des PME régionales de l’armement), l’EM Lyon (grande école de management) et ses formations en partenariat avec ce Cluster Eden, le Banc National d’Épreuve de Saint-Étienne qui est la seule structure en France habilité à tester des armes, etc.

Aux côtés de cet existant, un projet en gestation nous a particulièrement sauté aux yeux : le  « Campus Européen de la Sécurité Globale » qui devrait s’installer en 2026 sur l’ancien campus de l’EM Lyon à Écully. Un genre de « hub » où se côtoieraient les diverses facettes du militaro-sécuritaire local : formation, PME, recherche, structures publiques comme privées, etc., autour des technologies de contrôle, de sécurité et de de répression tout azimut.

Cet écosystème local et ce projet nous donnent la certitude qu’un modèle lyonnais du militaro-sécuritaire est en train de se déployer autour de la CCI, comme il en existe un grenoblois , centré autour du Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) - décrit dans le livre « L’Université Désintégrée » du Groupe Grothendieck.

Afin d’informer pour mieux lutter, nous avons écrit la brochure « Lyon, capitale européenne du militaro-sécuritaire ? ». Sa version pré-imprimée est visible ici :

https://craam.noblogs.org/post/2024/06/14/lyon-capitale-du-militaro-securitaire/

Nous vous invitons le 22 juin à la présentation de ce travail collectif.

Mais comme l’information invite à l’action, nous garderons cette présentation brève afin de pouvoir discuter de ce que nous pouvons faire collectivement contre la gangrène militaro-sécuritaire locale. En particulier, nous aimerions discuter des moyens d’empêcher la création du « Campus Européen de la Sécurité Globale » prévu pour 2026. 

Qu’ils soient libéraux comme d’extrême droite – parfois même de « gauche » – ces entrepreneurs du pire voient les guerres comme autant d’opportunités de faire du fric.

À l’heure où les tensions internationales se multiplient au même rythme que se développe l’industrie de l’armement et le militarisme, Il est donc nécessaire de lutter dès maintenant pour que jamais il n’existe hors des cerveaux malades de nos entrepreneurs et politicards de l’apocalypse guerrière.

 

Cela se passe à l’Atelier des Canulars, 91 rue Montesquieu - 69007 Lyon

Tables de presse et bar de soutien

La Craam Lyon. Nous contacter : craam@riseup.net -- Blogue : craam.noblogs.org

 

 

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mer.

12

juin

2024

Guantánamo en Israël (Article du Canard Enchainé)

JUSTE avant la libération de quatre otages israéliens, le 8 juin, obtenue en bombardant un bâtiment dans une zone densément peuplée de Gaza —au prix, une fois encore, d’insupportables pertes civiles (210 morts, selon le Hamas)—, des ONG :israéliennes ont exigé la fermeture de la sinistre base militaire de Sde Teiman. Située dans le désert du Néguev, dans le sud du pays, elle sert de lieu de torture pour les prisonniers capturés à Gaza, façon Guantänamo. « Nous étions parqués dans des cages (..). Nous n’avions pas de noms, seulement des numéros, que les soldats prononçaient en hébreu (...). On nous battait régulièrement, sans raison », témoigne un détenu libéré (« La Croix», 4/6). Les alertes des anciens prisonniers ont mobilisé l'ONG Physicians For Human Rights Israël, qui collecte les preuves de potentiels crimes de guerre commis par le pouvoir de Netanyahou. Preuve amère que le pays est encore une démocratie. Et, selon le Comité public contre la torture en Israël, deux autres bases militaires, en Cisjordanie occupée, sont réservées aux personnes incarcérées sous le statut de « combattant illégal » et pas de prisonnier de guerre. Ils sont 2000 à y croupir. «La Croix» a recueilli la confession d’une source médicale israélienne, qui raconte des amputations sans anesthésie : « Ce n’est pas en Afghanistan mais dans notre propre pays. » Tsahal, interrogé par le journal, dit agir « conformément à la loi ». Celle du talion ?

J.-L. LT

Guantanamo en Israel (article du Canard Enchaine du 12 juin 2024)
GuantanamoIsrael_Article_CanardEnchaine.
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jeu.

30

mai

2024

Massacre près de Rafah : l’impérieuse nécessité de faire respecter le droit international

Ce 26 mai 2024, l’armée israélienne a bombardé un centre pour personnes déplacées près de Rafah, 40 morts étant comptabilisés à cette heure, alors que le bilan pourrait dépasser les 100 victimes, selon un porte-parole de l’UNWRA.

 

Ce nouveau massacre s’inscrit dans une politique mise en œuvre de façon systématique par les autorités israéliennes qui tue de façon indiscriminée. Cette action ne peut apparaître que comme une réponse à la déclaration de la Cour internationale de justice (CIJ) qui a ordonné à Israël, il y a deux jours de cela, d’arrêter immédiatement son offensive militaire à Rafah où sont réfugiées des centaines de milliers de personnes.

 

Dans cette ordonnance du 24 mai 2024, la CIJ a également demandé l’arrêt de « toute autre action menée dans le gouvernorat de Rafah qui serait susceptible d’infliger au groupe des Palestiniens de Gaza des conditions d’existence capables d’entraîner sa destruction physique ou partielle », après avoir rappelé qu’il existait « un risque réel et imminent » que la situation soit irréparable, et « un risque accru » de génocide des Palestiniennes et des Palestiniens de Gaza.

 

Ce nouveau bombardement dans une zone humanitaire peuplée de civils vivant sous des tentes révulse notre humanité. Il est un défi lancé à la communauté internationale. Cette dernière, et tout particulièrement les Etats-Unis et l’Union européenne, se doivent de tout faire pour qu’Israël se conforme sans délai à l’ordonnance de la CIJ. Dans les circonstances présentes, ils portent la responsabilité première de garantir la crédibilité du système juridique international, qui doit s’appliquer à toutes et tous.

 

La LDH (Ligue des droits de l’Homme) appelle donc instamment la France à agir pour que soient prises, en particulier avec l’Union européenne, les mesures efficaces pour faire respecter la décision de la CIJ.

 

Assurer le respect du droit international est une impérieuse nécessité. Au-delà des enjeux juridique et pénal, cette situation engage la responsabilité politique et morale de la République française comme celle de chacune et chacun d’entre nous.

 

La LDH rappelle qu’elle demande un cessez-le-feu immédiat et durable avec la fin des bombardements et du déplacement forcé de la population gazaouie, la libération immédiate des otages détenus par le Hamas, la protection de tous les civils en Israël, à Gaza, en Cisjordanie et Jérusalem-Est, la mise en place d’un corridor humanitaire pour le passage de tous les produits de première nécessité, la levée intégrale du blocus de Gaza, la libération des prisonniers palestiniens en détention administrative arbitraire.

 

 

 

Paris, le 27 mai 2024

 

 

 

 

jeu.

23

mai

2024

Après le salon de l’Alyah…libérez les citoyens

mar.

21

mai

2024

Cour pénale internationale, enfin !

lun.

20

mai

2024

De l'Afrique du Sud à Israël, l’État grec a toujours eu un faible pour l'apartheid

 

Quand M. Mitsotakis criminalise, menace et réprime les étudiants qui défendent la légalité internationale !

 

par Yorgos Mitralias

 

"Si certains pensent qu'ils peuvent répéter ce qu'ils ont pu voir dans d'autres pays et occuper des universités, planter des tentes et foutre le bordel, ils se trompent profondément”. Cette -si éminemment délicate- déclaration du Premier ministre grec, qui a suivi l'"évacuation" brutale de la faculté de droit le mardi 14 mai (28 arrestations), ne peut surprendre que les personnes non informées : l'État grec et ses gouvernements ont toujours eu un faible pour tout ce qui touche à l'apartheid et aux régimes d'apartheid ! Aujourd'hui Israël, jadis l'Afrique du Sud et la Rhodésie. Et ce, non seulement pour des raisons d'affinités électives idéologiques, mais surtout parce que les intérêts (matériels) des diverses élites grecques l'exigent. D’ailleurs, cette si manifeste "faiblesse" pour ces régimes monstrueux a presque toujours poussé l'État grec et ses gouvernements à braver les recommandations et les décisions de la soi-disant "communauté internationale" (ONU, etc.) et à violer les blocus économiques (embargos) imposés à ces régimes, tout en traitant d'"anarchistes", voire de "terroristes", ceux qui respectaient et voulaient appliquer ces décisions de la communauté internationale. En d'autres termes, un peu comme M. Mitsotakis le fait aujourd'hui…

 

A cette époque pas si lointaine que ça car elle a duré pratiquement jusqu’à la fin de ces régimes d’apartheid, les tristement célèbres armateurs grecs perpétuant une longue tradition de leurs congénères, violaient allégrement l’embargo imposé par l’ONU à la Rhodésie raciste de Ian Smith. Et de l’autre coté, l’État grec et ses capitalistes se transformaient en un véritable « lavoir » des exportations sud-africaines, « afin d’obtenir le cachet grec et ne plus être soumises à l'embargo de l'ONU ». Et cette histoire continue aujourd’hui avec la bénédiction de l’actuel gouvernement grec de M. Mitsotakis, qui célèbre les succès de ces mêmes armateurs ou de leurs descendants qui font des milliards en violant ou/et en profitant des embargos en cours, « pour transporter le pétrole russe ». C ‘est ainsi que selon un très instructif article de Forbes publié le 16 mai, « les sanctions imposées après l’invasion de l’Ukraine ont fait grimper en flèche la valeur du pétrole, propulsant la fortune de plusieurs magnats grecs du transport maritime à des niveaux record et créant au moins sept nouveaux milliardaires». Alors, vu que 9 sur 10 des médias grecs appartiennent à ces mêmes armateurs milliardaires, il est plus que « normal » qu’ils soutiennent pleinement les obsessions répressives de M. Mitsotakis contre ces étudiants qui persistent à vouloir empêcher de tourner en rond les affaires peu recommandables de ces messieurs avec des célébrités génocidaires et va-t-en guerre comme Vladimir Poutine et Bibi Netanyahou…

 

A cette époque, ce fut donc l'ONU et son embargo, et aussi la campagne internationale de boycott de l'Afrique du Sud raciste. Aujourd'hui, ce sont les étudiants du monde entier, ceux qui - selon M. Mitsotakis - "occupent les universités, y plantent des tentes et foutent le bordel", parce qu'ils mènent une campagne analogue et veulent imposer un embargo analogue à l'Israël de l'apartheid. Comment ? En frappant les racistes là où ça leur fait le plus mal, dans leur portefeuille. Et malgré la répression féroce, avec des succès déjà notables.

 

Comme par exemple en Espagne, où la Confédération des universités espagnoles (CRUE), qui regroupe 77 universités (50 publiques et 27 privées) vient de prendre la décision historique de rompre tout lien avec les universités et les entreprises israéliennes ! Et en plus, de renforcer les relations avec les universités palestiniennes et le système éducatif palestinien, tout en luttant contre l'antisémitisme et l'islamophobie ! Et tout ça grâce à la mobilisation des étudiants espagnols et catalans qui ont occupé leurs universités, et plus généralement... "y on semé le bordel" parce que tout simplement ils n’étaient pas suffisament impassibles pour se contenter de suivre en direct sur leurs écrans de télévision le génocide des Palestiniens de Gaza. Tout comme cela s'est produit en Irlande, où le Trinity College a pris la décision de se désinvestir d'Israël à la suite de la mobilisation de ses étudiants. Et comme cela doit se passer partout où les universités ont développé des relations étroites avec cet Israël d’apartheid et ses institutions complices. C'est exactement de tout cela que nous parle le cofondateur de la campagne BDS (boycott, désinvestissement, sanctions), Omar Barghouti, dans l'entretien qu'il a accordé à Mediapart, et que nous reproposons par la suite.

 

Alors, bien que provisoire, notre conclusion ne laisse pas de doutes: la bataille n'en est qu'à ses débuts et sera aussi féroce que le génocidaire Natanyahou et ses divers complices -genre Mitsotakis- semblent le souhaiter. Mais la cause ne pourrait être plus sacrée : la défense de la vie contre les adeptes de la destruction et de la mort !

 


 

Omar Barghouti, cofondateur de BDS : « Aujourd’hui, il y a la peur de la Palestine en Occident »

 

Le cofondateur de la campagne de boycott BDS réagit aux mobilisations étudiantes exigeant la fin des relations avec les universités en Israël. Il explique pourquoi celles-ci seraient « complices » de la politique de Nétanyahou. Et dénonce un « nouveau maccarthysme ».

 

Gwenaelle Lenoir

 

Mediapart : Depuis plusieurs semaines, des campus dans le monde sont occupés par des étudiant·es qui appellent à soutenir les Palestinien·nes, demandent un cessez-le-feu et exigent que leurs institutions rompent tout lien avec des établissements et entreprises israéliennes. BDS est-il à l’origine de ce mouvement ?

 

Omar Barghouti : Non ! Il s’agit d’un mouvement qui vient de la base et il n’y a pas de commandement central qui envoie des ordres aux étudiants. Bien sûr, il est évident qu’il adopte les demandes de BDS, car il se concentre sur les droits des Palestiniens, et promeut des tactiques de boycott et de désinvestissement pour y parvenir.

 

Aux États-Unis, de nombreux leaders étudiants et enseignants sont aussi en contact direct avec le mouvement BDS, qui est un mouvement semi-horizontal très lâche et qui fonctionne par l’intermédiaire de partenaires. Aux États-Unis, l’un des principaux est Jewish Voice for Peace (Voix juive pour la paix), la plus importante organisation juive progressiste du pays. Les sections de Jewish Voice for Peace sont impliquées dans tous les campements d’étudiants à travers les États-Unis.

 

En France, le lien avec BDS est moins direct. Même s’il est certain que la coalition BDS en France soutient la mobilisation à Sciences Po, à la Sorbonne et partout ailleurs.

 

En quoi le mouvement des campus rejoint-il les mots d’ordre de BDS ?

 

Depuis dix-neuf ans que BDS existe, nous appelons au boycott académique des institutions israéliennes, parce qu’elles sont toutes complices. Le mouvement BDS ne cible pas les individus, mais les institutions. Il vise la complicité et non l’identité. Nous ne ciblons donc pas les universitaires, nous ciblons les institutions universitaires israéliennes.

 

Nous avons aussi appelé au désinvestissement des entreprises complices de l’occupation, des colonies, de l’apartheid, du génocide actuellement mené à Gaza contre 2,3 millions de Palestinien·nes ou de tout autre crime de guerre ou crime contre l’humanité commis à notre égard. Peu importe encore une fois l’identité de l’entreprise. Elle peut être française, chinoise, israélienne, américaine. Cela n’a aucune importance. Si elle est impliquée dans des violations des droits des Palestiniens tels que définis par le droit international, nous la ciblons.

 

Pour les étudiants militants français, américains, australiens, britanniques, canadiens, qui veulent être solidaires des Palestiniens dans leurs établissements, la forme de solidarité la plus significative consiste à s’assurer que leur établissement n’est pas complice, n’aide pas, ne permet pas ou ne profite pas de l’oppression des Palestiniens.

 

Il existe deux moyens d’y parvenir : le boycott académique, qui met fin à tous les projets conjoints avec des universités israéliennes complices, et le désinvestissement, qui garantit que l’université ne s’approvisionne pas, n’achète pas, ne passe pas d’appels d’offres ou de contrats avec des entreprises qui favorisent l’occupation, et n’investit pas dans ces entreprises.

 

Vous parlez de complicité des institutions universitaires israéliennes avec l’occupation. En quoi sont-elles complices selon vous ?

 

Il me faudrait des heures pour répondre tant la liste est longue. Je voudrais signaler le livre récent de l’anthropologue israélienne Maya Wind, intitulé Towers of Ivory and Steel [« Tours d’ivoire et d’acier » – ndlr], qui documente la complicité des institutions universitaires israéliennes dans le système du colonialisme de peuplement, de l’apartheid et de l’occupation militaire. Tout cela est basé sur des recherches méticuleuses.

 

Je ne vais pas résumer le livre, juste donner quelques exemples. Les institutions israéliennes depuis leur création ont toujours été conçues pour être un pilier du système d’oppression et la conception d’armes et de doctrines qui sont utilisées par l’armée. Par exemple, la doctrine Dahiya, qui fait référence à la banlieue sud de Beyrouth, est une doctrine de la force disproportionnée élaborée à l’université de Tel-Aviv, avec la participation de l’armée israélienne et des industries militaires.

 

Autre exemple : le « code éthique » de l’armée israélienne, qui justifie le meurtre d’un grand nombre de civils palestiniens dans le but de cibler un Palestinien « recherché », a été élaboré à l’université de Tel-Aviv par le plus grand et le plus célèbre philosophe israélien spécialisé dans l’éthique, Asa Kasher. Il l’a développé avec un général de l’armée israélienne. Il a été fortement critiqué par de nombreux spécialistes de l’éthique et de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme.

 

Avant la mobilisation des étudiants, il y a eu les deux audiences devant la Cour internationale de justice, la première en janvier, accusant Israël d’un risque de génocide dans la bande de Gaza, et la deuxième en février, l’accusant d’apartheid à l’égard des Palestiniens. Quelle est votre réaction ?

 

C’est une victoire pour le peuple palestinien qui, après des décennies de colonialisme, d’apartheid et d’occupation militaire, est enfin entendu par la Cour internationale de justice, la plus haute autorité juridique du monde. C’est extrêmement important. Et ce n’est pas seulement symbolique.

 

La décision de la CIJ le 26 janvier indiquant un risque plausible de génocide commis par Israël à Gaza a eu beaucoup d’impact. Nous avons été nous-mêmes très surpris. Pour ne citer que quelques exemples, deux grandes entreprises japonaises ont mis fin à leurs relations avec Elbit Systems, la plus grande entreprise militaire privée d’Israël, en invoquant l’arrêt de la CIJ.

 

La Bolivie et la Colombie ont rompu leurs relations diplomatiques et la Colombie a mis fin le mois dernier à ses importations militaires en provenance d’Israël. Il y a quelques jours, la Turquie a décidé de cesser tout commerce avec Israël. Or, la Turquie est un important partenaire commercial d’Israël.

 

La décision de la CIJ a donc été très importante en renforçant l’impact du mouvement BDS au-delà de tout ce que nous avions connu auparavant.

 

Et concernant les entreprises françaises ?

 

Carrefour et Axa sont nos principales cibles françaises. Nous avons vu le boycott de Carrefour se répandre dans la région arabe : des franchisés de cette région se plaignent à la société mère de Carrefour de perdre des clients à cause de la succursale de Carrefour en Israël. Axa a investi dans des banques et des entreprises israéliennes qui sont impliquées dans les colonies et dans le système d’apartheid [ce que l’entreprise a démenti récemment, après une action des partisans du boycott – ndlr]

 

Dans les pays occidentaux, les mobilisations en faveur de la Palestine et de la bande de Gaza sont souvent combattues, voire interdites et criminalisées. Êtes-vous surpris ?

 

Pas du tout. En tant que militant des droits de l’homme, j’observe le déclin du libéralisme et de la démocratie occidentale depuis de très nombreuses années. J’ai étudié en Occident, j’y ai vécu, je ne suis donc pas très surpris. Cette démocratie a toujours été une démocratie discriminante, qui exclut les populations non désirées et permet le pillage et l’exploitation du Sud. Elle n’a jamais été une véritable démocratie libérale, au sens des idéaux défendus par certains intellectuels.

 

La seule surprise, je dois le dire, c’est l’ampleur et la vitesse du déclin. Depuis le début du génocide israélien, il y a eu un effondrement soudain, les masques sont complètement tombés. La répression exercée par les États, le double standard par rapport à l’Ukraine, l’hypocrisie des soi-disant démocraties occidentales, ont été choquants. 

 

Même des intellectuels juifs qui défendaient les droits des Palestiniens ont vu leurs événements annulés au prétexte d’« antisémitisme ». Nous n’avons pas vu un tel niveau de silenciation depuis McCarthy aux États-Unis contre la soi-disant « peur rouge ». Aujourd’hui, il y a la peur de la Palestine en Occident.

 

Ce nouveau maccarthysme est aussi laid que le premier, aussi répressif que le premier. Mais comme le premier, il reflète également le fait que les puissances hégémoniques de l’Occident colonial sentent que leur hégémonie s’effrite. Elles agissent donc par une répression extrême, voire par la violence, à l’égard d’étudiants militants pacifiques, à l’égard d’orateurs juifs défendant les droits des Palestiniens, sans parler des Palestiniens et d’autres personnes de couleur. La répression est sans précédent.

 

Vous semblez malgré tout optimiste...

 

J’étais étudiant à l’université Columbia en 1985 lorsque nous avons bloqué le Hamilton Hall, ce même Hamilton Hall qui a été occupé la semaine dernière par des étudiants. Nous luttions alors contre l’apartheid en Afrique du Sud. Je portais toujours une pancarte « abolir l’apartheid ». Mes camarades étudiants en ingénierie me demandaient : « Tu n’as pas mieux à faire ? Tu crois vraiment que l’apartheid en Afrique du Sud va s’effondrer, qu’il sera aboli de ton vivant ? » Oui, nous le ferons.

 


 

 

dim.

12

mai

2024

Comment un médecin venu témoigner des atrocités à Gaza est resté bloqué à Roissy

(article paru dans Libé le 5 mai 2024 )

 

Témoin de la guerre dans l’enclave palestinienne, le docteur Ghassan Abu Sitta fait l’objet d’un signalement aux fins d’interdiction d’entrée dans l’espace Schengen par les autorités allemandes.

Il devait venir à Paris pour raconter au Sénat son expérience de médecin au cœur de la guerre à Gaza. Samedi 4 mai, Ghassan Abu Sitta s’est vu refuser l’entrée sur le territoire français. «Je suis à l’aéroport Charles-de-Gaulle, a rapporté le chirurgien britannique sur son compte X dans la matinée. Ils m’empêchent d’entrer en France. Je suis censé prendre la parole au Sénat français aujourd’hui. Ils disent que les Allemands ont interdit mon entrée en Europe pendant un an.»

 

Les sénateurs écologistes, à l’initiative du colloque sur la situation à Gaza lors duquel Ghassan Abu Sitta devait intervenir, ont vivement réagi sur le même réseau social, dénonçant «une honte» ou jugeant «scandaleux» le fait de l’empêcher de prendre part au colloque. Les organisateurs expliquent qu’ils ont tenté, sans succès, d’intervenir auprès des cabinets de Gérald Darmanin et de Stéphane Séjourné, les ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères. Finalement, «grâce à la mobilisation d’avocats», a indiqué la sénatrice EE-LV Raymonde Poncet-Monge, les élus ont obtenu un lien qui leur a permis d’échanger en visioconférence avec Ghassan Abu Sitta. Dans la soirée, le médecin a ensuite décollé de Roissy pour rentrer à Londres. «Les autorités françaises me refusent l’accès à un vol plus tôt et insistent pour m’envoyer sur le dernier vol de retour, tard dans la nuit, vers Londres», avait auparavant tweeté Ghassan Abu Sitta.

 

«Code frontières Schengen»

Spécialisé dans les blessures de guerre, Ghassan Abu Sitta s’est envolé pour Gaza dès le 7 octobre, dans la foulée des attaques perpétrées par le Hamas. Ce chirurgien plastique de 54 ans, né de père palestinien et vivant au Royaume-Uni (il exerce à Londres), est un habitué des zones de guerre : lors de précédents conflits, il s’était déjà rendu dans l’enclave palestinienne, mais aussi en Irak, en Syrie et au Yémen. Associé aux équipes de Médecins sans frontières, il a opéré les victimes des bombardements israéliens dans deux hôpitaux de la bande de Gaza, Al-Shifa et Al-Ahli. Et lorsqu’une explosion est survenue dans l’enceinte de ce dernier, le 17 octobre, Ghassan Abu Sitta a pris la parole au cours d’une conférence de presse organisée à l’extérieur de l’hôpital, des corps sans vie au pied de son pupitre. Revenu au Royaume-Uni après quarante-trois jours passés à soigner des blessés, il prend depuis régulièrement la parole, y compris dans un portrait publié par Libération en février, pour raconter son quotidien dans «l’enfer» de Gaza.Son refoulement à la frontière française soulève des questions quant à la possibilité pour un pays tiers, en l’occurrence l’Allemagne, de décider qui peut ou non rentrer dans l’Hexagone. «Comment l’Allemagne peut-elle décréter des interdictions de territoire dans tout l’espace Schengen ?» a ainsi réagi Raymonde Poncet-Monge auprès du Monde. La règle découle en fait du code de l’Union européenne «relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes», ou «code frontières Schengen». Dont l’article 6 prévoit que l’entrée dans l’espace Schengen «pour les ressortissants de pays tiers» est conditionnée, entre autres, au fait de «ne pas être signalé aux fins de non-admission dans le SIS».

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mar.

30

avril

2024

Message des étudiants du DU THÉÂTRE DE LA LIBERTÉ aux étudiants des DES ÎLOTS DE LIBÉRATION

LA JEUNESSE CONTRE L'INVASION

Les étudiants du
DU THÉÂTRE DE LA LIBERTÉ
aux étudiants des
DES ÎLOTS DE LIBÉRATION

AUX ÉTUDIANTS DE LA RÉSILIENCE ET DU COURAGE

Au cœur de l'adversité, là où les ténèbres de l'injustice s’étendent, vos voix s'élèvent comme des
signaux d'espoir, perçant l'obscurité avec une détermination inébranlable.

À chaque pas, à chaque mot prononcé, vous incarnez l'esprit de solidarité et de défi.

Vous êtes les architectes du changement, les défenseurs de la vérité et les gardiens de la liberté
dans votre pays.

Des couloirs des universités aux rues emplies de chants, vos actions font écho à la résilience d'un
peuple qui aspire à la justice et à la libération.

Votre solidarité ne connaît pas de limites, elle traverse les frontières et surmonte les clivages,
unissant les cœurs dans une lutte commune pour la dignité et l'égalité.

En tant qu'étudiants palestiniens, se formant au rythme des défis du Théâtre de la Liberté dans le
camp de réfugiés de Jénine, nous sommes émus par votre soutien inébranlable à notre cause.

Votre solidarité transcende les distances, donne vie à nos espoirs et à nos rêves d'un avenir meilleur.

Ensemble, nous nous dressons contre l'oppression, l'injustice et les forces qui cherchent à nous
faire taire.

Avec chaque manifestation, chaque acte de solidarité, nous affirmons notre humanité partagée et
notre engagement à construire un monde où la justice prévaut.

Merci, chers étudiants, pour votre détermination, votre générosité et votre soutien indéfectible.

Ensemble, nous avançons, sans nous décourager, vers un avenir où régneront la liberté et la paix.

Avec gratitude et en solidarité,

LES ÉLÈVES DU THÉÂTRE DE LA LIBERTÉ
CAMP DE RÉFUGIÉS DE JÉNINE, PALESTINE
  

lun.

29

avril

2024

Article de Michel COLLON : Monsieur le président, arrêtez moi!

Nous sommes nombreux dans le monde entier à être choqués par la politique de meurtres systématiques pratiqués par Israël à Gaza mais aussi en Cisjordanie et dans les pays voisins. Et nous savons que le droit international reconnaît le droit des peuples à lutter – par tous les moyens, y compris la force - contre la violence de la colonisation. Or, depuis 1948, Israël ne cesse de voler toujours plus de territoires. Il suffit de regarder les cartes pour le constater.

Mais avec vous, c’est le monde à l’envers : après avoir tenté de bannir les manifestations, vous accusez plus de 650 personnes « d’apologie du terrorisme » parce qu’elles soutiennent le droit des Palestiniens à la résistance. Une vague d’interdictions déferle sur la France.

Je ne suis pas d’accord. C’est vous, en armant l’armée israélienne, qui pratiquez l’apologie du terrorisme. Et même du génocide puisque la Cour Internationale de Justice a enjoint au monde entier de l’empêcher. Vous violez ce prescrit et exposez la France à des poursuites internationales. Car de nombreux témoins, enquêteurs et juristes le confirment : tuer délibérément des dizaines de milliers de femmes et d’enfants, détruire systématiquement logements, écoles, hôpitaux, églises, mosquées et infrastructures, c’est bien une opération de nettoyage ethnique pour éliminer le peuple palestinien.

Vous violez la recommandation de l’Assemblée générale de l’ONU qui a proclamé en 1960 « la nécessité de mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes ». Vous violez l’article 4 de la Constitution française qui « garantit les expressions pluralistes des opinions ». Vous violez l’article 11 de la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 : « Tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement ».

Cette accusation de « terrorisme », elle fut déjà lancée à l’époque par les occupants contre Nelson Mandela. Contre le Front de Libération Nationale algérien (FLN). Contre les résistants de la Seconde Guerre mondiale. Vous voilà en très mauvaise compagnie.

Puisque vous et vos ministres prétendez criminaliser ceux qui vous rappellent les droits de l’homme fondamentaux, je vous le dis clairement : Arrêtez-moi car moi aussi je suis solidaire des peuples opprimés et je persisterai. Ou alors acceptez, enfin, le débat contradictoire. N’est-ce pas aux citoyens de se faire librement une opinion sur les responsabilités du drame humain qui se joue aujourd’hui au Moyen-Orient ? L’article 25 de la Constitution ne proclame-t-il pas que « la souveraineté réside dans le peuple » ?

Alors, arrêtez-moi ou débattez ! À vous de choisir, Monsieur le Président !