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Retrait de la loi Yadan :

une victoire de la mobilisation citoyenne

 

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8 mai 1945, le massacre de Sétif

Le 8 mai 1945, tandis que la France hexagonale célèbre la capitulation de l’Allemagne nazie, l’Algérie coloniale entre dans l’un des épisodes les plus meurtriers de son histoire.

D’un côté, la victoire proclamée contre le fascisme ; de l’autre, le déclenchement d’une répression implacable menée par l’État colonial français contre les populations de Sétif, Guelma et Kherrata.

 

À Sétif, près de 10 000 personnes défilent pour célébrer la fin de la guerre. Parmi elles, Bouzid Saâl, jeune scout musulman, brandit un drapeau algérien — un geste interdit. Il est abattu d’une balle dans la tête par un policier français. L’émeute éclate. Dans les violences qui suivent, 102 Européens, majoritairement des civils, sont tués. Pour les autorités coloniales, l’événement constitue une transgression impardonnable : le colonisé ne peut s’en prendre au colon, encore moins le tuer.

 

La présence de drapeaux algériens et de slogans indépendantistes sert alors de prétexte à un engrenage de violence. La répression s’organise immédiatement et s’étend bien au-delà de Sétif, touchant Guelma et Kherrata. Elle durera plusieurs semaines, du 8 mai au 26 juin 1945.

 

L’armée française déploie une répression de type colonial, mobilisant non seulement la police et les forces armées, mais aussi des milices européennes et divers corps civils. C’est l’ensemble de l’appareil d’État qui se met en mouvement. Arrestations massives, exécutions sommaires, massacres collectifs : des milliers d’hommes et de femmes sont assassiné·es, entre 10.000 et 30 000 morts.

 

Cette violence repose sur une logique coloniale profondément ancrée : le colonisé n’est jamais considéré comme un individu, mais comme un élément d’une masse indistincte à contrôler, punir et soumettre. La répression devient alors collective, indistincte, systémique.

L’alliance entre forces de l’ordre et milices civiles, entre violence d’État et violences privées, révèle la nature même du système colonial : un ordre fondé sur la domination, où la violence n’est pas une dérive, mais un principe structurant.

 

En Algérie, la colonisation s’est construite et maintenue par la violence de masse : conquérir, dominer, faire taire. La violence n’est pas un accident de l’histoire coloniale — elle en est le cœur. Cette violence s’est exercée comme une punition collective, visant à écraser toute aspiration à l’émancipation. Elle reposait sur une logique simple : terroriser pour soumettre, massacrer pour faire taire.

 

Ce que révèlent les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, ce n’est pas seulement un épisode du passé, mais un mode opératoire colonial.

 

Aujourd’hui, en Palestine, cette même logique est à l’œuvre : dépossession des terres, enfermement des populations, répression militaire, punitions collectives et massacres de civils. Les formes évoluent, les contextes diffèrent, mais la matrice demeure : une domination imposée par la force, qui nie les droits d’un peuple et criminalise son existence même.

 

Rappeler mai 1945, ce n’est pas seulement faire œuvre de mémoire. C’est refuser l’amnésie et nommer, dans le présent, la permanence des violences coloniales.

 

Collectif 69 de soutien au peuple palestinien

 

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