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Retrait de la loi Yadan :

une victoire de la mobilisation citoyenne

 

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Mieux que des texte, visualiser la Palestine avec des cartes, des graphiques :

Visualizing Palestine

Comment on fait pour tenir tous ensemble sans déshumaniser les uns ou les autres ?

Texte inédit de Rachid Benzine pour la Grande Librairie le 24 septembre 2025

 

 

Droit dans les yeux

 

Je ferme les yeux et je vois Ytzhak Rabin et Yasser Arafat

J’ouvre les yeux et je vois Benjamin Netanyahou et le Hamas

Je ferme les yeux et j’entends les vers de Mahmoud Darwich, les mots de David Grossman

J’ouvre les yeux et je ne vois plus que des ruines, des enfants massacrés, des familles endeuillées

Et un peuple décimé

Je ferme à nouveau les yeux et ce sont des pages du Captif amoureux de Jean Genet

S’en dégage le parfum d’une terre disparue

Résonnent les pleurs des jeunes hommes, de leur lutte et le reflet de leur beauté.

J’ouvre les yeux et mon téléphone me bombarde des images des enfants mutilés, 

Des mères éplorées, des otages émaciés.

Des puissances de la mort qui saccagent ce peu d’espoir que nous gardons en nous.

Je ferme les yeux et j’entends alors les mots millénaires du Talmud

Qui sont aussi ceux du Coran :

« Qui sauve une vie sauve l’humanité entière ».

C’est dans la nuit du désastre et de l’horreur notre humanité que nous sacrifions.

J’ouvre les yeux et j’aperçois Dominique Eddé déclarer d’une digne colère : 

« Reconnaître un pays que l’on voit sous nos yeux disparaître, 

C’est comme dire à un homme sur son lit de mort pour son dernier souffle : « Tu es vivant ».

C’est le reconnaître tandis qu’il disparaît.

C’est ouvrir les yeux quand ceux d’autres se ferment.

On soulage notre âme tandis que d’autres rendent leurs âmes.

Il est temps d’ouvrir les yeux grands, de dire notre colère, notre tristesse, 

Notre tragédie, notre impuissance.

Je ferme les yeux et je retrouve les mots de Colum McCann dans Apeirogon :

« Si vous divisez la mort par la vie, vous obtenez un cercle ».

J’ouvre les yeux une dernière fois et je vous vois :

Ne désespérons ni du monde, ni des êtres humains,

Quand nos gorges deviennent des puits asséchés d’avoir trop hurlé contre le vent,

Et que l’écho ne nous renvoie que le silence,

Car nos pupilles depuis des millénaires ont appris à se dilater 

Jusqu’à percevoir les contours du possible, là où d’autres ne voient que des ténèbres.

Dans la nuit la plus noire nos yeux voient,

Et dans nos cœurs veille l’étincelle du possible.

 

Vous pouvez l'écouter ici : https://www.facebook.com/LaGrandeLibrairie/videos/rachid-benzine-droit-dans-les-yeux/1738047976889587/

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