Actualités

Rassemblement contre le génocide, samedi 13 avril à Lyon

Un nouveau rassemblement à Lyon après 6 mois de guerre totale contre le peuple palestinien et un bilan tragique que chacun d'entre nous a en tête avec en plus les risques de guerre généralisée du fait de l'état israélien.

 

 

Regardez la vidéo de ce rassemblement et des interventions très intéressantes :

https://youtu.be/Gm_I7TBFRNg

Super soirée de clôture du festival Palestine en Vue le 11 avril 2024 au cinéma La Mouche de St Genis Laval en présence de 115 spectateurs.trices venu.e.s découvrir le film "Un week-end à Gaza".
Après le mot de bienvenue et un rapide 1er bilan du festival par Christiane Prébet présidente d'ERAP organisatrice du festival et une rapide intervention de Marie-Noëlle Landot présidente de Couleurs Palestine co-organisatrice de la soirée, le public a pu entendre Basile Khalil réalisateur du film, joint par whatsapp, présenter "Un week-end à Gaza", son scénario improbable, hilarant et prémonitoire, les difficultés du tournage, ses motivations et sa profonde empathie pour la population de Gaza si durement éprouvée et martyrisée aujourd'hui.
Sous un parti pris de légèreté, d'humour et de dérision, apparaissent en filigrane dans ce film, les problématiques de l'enclave palestinienne, blocus impitoyable, destructions, esprit de résistance, soif de vivre et exigence de dignité.
Débat centré sur le film et le réalisateur, avec l'apport très riche de la parfaite connaissance du cinéma palestinien et de ses différents acteurs, de Carol Shyman membre du groupe d'organisation du festival.
A noter la présence dans le public, de Roland Nurier lui aussi membre de l'équipe ERAP et adhérent de Couleurs Palestine 69, réalisateur du film "Yallah gaza" à l'affiche du festival et dont la récente sortie en salles lui fait frôler les 40.000 entrées.
A l'issue des débats, un long moment de convivialité a réuni tous les participant.es autour d'un buffet palestinien offert par ERAP et d'un stand de produits palestiniens tenu par Couleurs Palestine 69, dans une salle attenante au cinéma, mise gracieusement à disposition par la municipalité de St Genis Laval, dont une élue Mme Seri participait à l'événement.

 

Ce samedi 6 avril, nous avons marché pour Gaza, inlassablement. De la place des Terreaux à la place Bellecour.

Mais nous ne sommes pas nombreux, malgré l'urgence, malgré l'horreur.

Pourtant, on ne pourra pas dire que l'on ne savait pas.

UN GENOCIDE SE DEROULE SOUS NOS YEUX. Les habitants de Gaza font parvenir des témoignages de l'enfer qu'ils vivent au quotidien : la peur, l'angoisse, la souffrance, la famine.

Nous pouvons agir, à notre niveau : signer des pétitions (sur l'onglet Accueil nous relayons celles qui nous sont transmises, ainsi que les appels au secours), interpeller nos élus, députés, sénateurs, écrire au président de la République. Et surtout nous devons boycotter tous les produits israéliens.

Et bien sûr, manifester que nous ne les oublions pas. Venez nombreux! Tous les samedis, le collectif 69 de soutien à la Palestine organise un rassemblement ou une marche. Venez marcher pour Gaza!

 

Malgré la pluie battante, beaucoup de monde samedi 30 mars sur les berges du Rhone pour la journée de la terre, pour dénoncer le génocide en cours à Gaza et réclamer inlassablement un cessez le feu immédiat.

Prises de parole, expo de photos sur le pont de la Guillotière. Une émotion intense avec les chants et la musique du oud du groupe Alimo.

Jeudi 21 mars une soirée poésie palestinienne était organisée par l'AFPS. Délicatesse, tristesse, émotion, peur, angoisse, autant de sensations que nous avons éprouvées en écoutant lire ces textes forts. Lire quelques extraits sur notre blog.

De nombreux manifestants étaient présents samedi 16 mars pour soutenir le peuple palestinien, victime de la barbarie israélienne.

Plusieurs sujets ont été abordés:

  • Une action 100 sommets pour la Palestine a permis de faire flotter le drapeau palestinien sur plusieurs sommets de France MAIS le préfet du Puy de Dôme a INTERDIT d'escalader le Puy de Dôme !!!! C'est incroyable de bêtise !
  • La polémique au sujet de Sciences Po Paris : soutien aux étudiants qui avaient organisé cette réunion pro palestinienne et qui se sont vu accuser d'anti sémitisme, alors que plusieurs étudiants juifs étaient présents ! Lire la suite sur le blog
  • Le 16 mars, c'était l'anniversaire de la mort de la militante américaine pour la paix Rachel Corrie, qui avait été écrasée volontairement par un char israélien alors qu'elle manifestait contre les démolitions de maisons palestiniennes. Personne n'a été poursuivi pour cet assassinat.
  • Lecture du dernier message de notre ami Ziad, depuis Gaza. Poignant, triste, horrible.
  • Rappel également de la situation du plus ancien prisonnier politique d'Europe Georges Ibrahim Abdallah, résistant communiste issu du Front Populaire de Libération de la Palestine célèbre pour son engagement au coté du peuple palestinien contre l'occupant israélien, qui est emprisonné sans preuves depuis 40 ans en France, qui est libérable depuis 1999 et que l'état refuse de libérer.

ACTION "STOP ARMING ISRAEL"

 

120 militants du Collectif 69 de soutien au peuple palestinien se sont rassemblés ce lundi 11mars à 18h devant la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon pour protester contre l'implication dans les massacres commis contre les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, de la CCI par le biais du cluster EDEN (lobby des industriels de l'armement en région AURA) et du Banc National d'Epreuve des armes à St Etienne (avec toutes les autres entreprises et universités qui collaborent militairement avec Israel).

MANIFESTATION SAMEDI 9 MARS A LYON

Le vent parfois violent et le temps menaçant n'ont pas découragé toutes celles et tous ceux qui une fois de plus êtes venu.e.s nombreuses.eux, environ 3000, manifester de Bellecour aux Terreaux, à l'appel du Collectif69, votre soutien au peuple palestinien et à la population gazaouie victime de crimes de guerre et de ce qui relève d'un génocide (déplacements forcés sous les bombardements, famine organisée, tirs sur les civils...). Remerciements et félicitations aux adhérent.e.s et sympathisant.e.s  de Couleurs Palestine qui se sont mobilisé.e.s à nouveau en nombre

Soirée palestinienne de poésie "la Palestine sur scène"  accompagnée d'un groupe musical exceptionnel (oud, piano, tambourin ...). En plus du petit groupe de Couleurs Palestine, environ 120 jeunes de moins de 30 ans, majoritairement originaires du Moyen Orient (Palestine, Liban, Syrie ...) ont assisté à cette superbe soirée. Le groupe avait préparé en accueil, galettes, humous, zaatar...

Poèmes de Mahmoud Darwich,Samih Al Qâcim, lus à 2 voix (arabe, français) sur fonds de musique de Marcel Khalifé et autres compositeurs libanais, palestiniens, égyptiens ont transporté l'assistance.

 

Samedi 24 février, 800 à 1000 personnes étaient présentes sur la place des Terreaux pour soutenir la Palestine. Une exposition exceptionnelle de photos de Gaza avait été installée sur la place.

Samedi 17 février, BDS FRANCE organisait une journée nationale d'action.

Le collectif 69 Palestine et BDS-France ont alors organisé la campagne de Boycott des enseignes Carrefour. Sur les marchés et devant plusieurs Carrefour de l'agglométation (Vénissieux, Villeurbanne, Vaulx en Velin), des militants ont distribué des tracts et informé les gens du role de Carrefour dans le soutien à l'armée israélienne, et donc au génocide en cours, et à l'occupation illégale de la Palestine. Plus d'infos ici

Samedi 10 février 2024 - place Bellecour à Lyon
Une nouvelle fois, un millier de sympathisant.e.s de la cause palestinienne se sont retrouvés, à l'appel du Collectif 69 de soutien au peuple palestinien pour exiger le cessez le feu à Gaza, pour crier leur indignation devant la passivité et (ou)  la complicité affichée de nombreux gouvernements avec Israël.

 

Plus d'une centaine de panneaux avec les visages et les noms de Gazaouis enfants, adultes, personnes âgées mortes sous les bombes israéliennes ont attiré l'attention des nombreux passant qui traversaient la place Bellecour.

 

Bravo aux adhérent.e.s de Couleurs Palestine présent.e.s qui ont bravé la pluie battante pour afficher une fois encore leur soutien aux habitants martyrisés de Gaza et à l'ensemble du peuple palestinien !

NOUS NE LES ABANDONNERONS PAS

 

MANIFESTATION  à  GENEVE

 

Samedi 3 février avait lieu à Genève à l’appel du député LFI  de Savoie Jean-luc Coulomme une marche pour exiger la paix et le respect du droit international à Gaza. Initiative à laquelle se sont joints les groupes locaux AFPS des départements voisins de la Suisse et le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien dont une dizaine de membres parmi lesquels un militant de Couleurs Palestine 69 ont fait le déplacement.

Ce sont finalement plus de 2000 manifestant.e.s selon « La Tribune de Genève » qui se sont regroupés à 14h au bord du lac, face au Mont Blanc, devant le palais Wilson. Après plusieurs prises de parole dont celle sur la Cour Pénale Internationale au nom du Collectif 69, celle d’une militante de l’UJFP et celle de la présidente nationale de l’AFPS, le cortège des manifestant.e.s s’est dirigé vers le Haut Commissariat de l’ONU aux Droits de l’Homme pour finir devant le siège de l’ONU où d’autres prises de parole ont eu lieu dont celle du précédent maire de Genève, de Livia Zbinden vice-présidente du conseil municipal de Genève, d’un membre du Collectif juif décolonial Tsedeki et en clôture celle de jean luc Mélenchon toujours aussi percutant :

"A cet instant, des femmes, des hommes, des enfants, des familles, par milliers, centaines de milliers vivent sous ls bombes, le massacre, les crimes, la frayeur et de cet enfer monte la clameur du peuple, la nôtre. ...Le seul cri que nous voulons pousser à cet instant est CESSEZ LE FEU !!! Notre devoir est de hurler, de protester et d’exiger le CESSEZ LE FEU !!!"

 

La conférence de Gilles Devers, avocat qui a déposé plainte auprès de la CPI avec 500 autres avocats, qui devait avoir lieu jeudi 1er février, a été annulée 2 fois par la préfète du Rhône, à la demande du CRIF.

Cette conférence avait été initialement organisée par des étudiants de Lyon2, dans les locaux de l'Université, puis, suite à l'annulation au motif de risque de troubles pour les étudiants juifs, avait été programmée à la bourse du travail. Mais cela n'a pas empêché la préfète de trouver un nouveau motif pour l'annuler, le jour même!

L'état, aux ordres du CRIF, empêche toute expression sur le conflit en cours et censure toute critique sur le comportement de l'état d'Israël.

Samedi 27 janvier 2024, place Bellecour, un millier de personnes était rassemblé pour réclamer un cessez le feu immédiat et définitif à Gaza

 

Diverses actions ont alimenté ce rassemblement :

- Panneaux « Cessez-le-feu » en grandes lettres tenues par les militants,

- 50 photos de gazaouis assassinés,

- Rouleau de papier sur lequel les participants ont écrit des messages,

Et une magnifique exposition de 120 portraits de palestiniens assassinés.

Samedi 20 janvier Une marche pour Gaza a rassemblé de nombreux manifestants.

Le 17 janvier a eu lieu une conférence intitulée "Est-ce que la France vend des armes à Israël"? avec l'Observatoire des armements 

Voir l'article de l'Observatoire des armements

Samedi 13 janvier 2024 des citoyens étaient réunis place des Terreaux pour soutenir le peuple de Gaza et demander l'arrêt immédiat du génocide en cours.

 

Devant l'Hôtel de Ville, des portraits de victimes sont encadrés, posés au sol devant des bougies. La vie de quelques uns de ces milliers de Palestiniens est lue au micro : c'étaient des enfants, ils buvaient le thé lorsqu'un missile les a assassinés, c'était des nourrissons hospitalisés tués par des militaires israéliens, des jumelles de 15 jours tuées par un missile, un handicapé mort de famine, une famille de 53 personnes mortes sous les bombes, un jeune homme battu à mort par des israéliens, 30 personnes enfants, femmes, personnes âgées, tuées à bout portant par les soldats israéliens, une femme enceinte blessée par les soldats qui l'ont laissée se vider de son sang, .... ce n'était pas seulement des nombres, c'était des être humains lâchement assassinés par les israéliens.

 Gaza est un cimetière pour les journalistes : 113 journalistes ont été tués dans la bande de Gaza en 99 jours. Ils sont ciblés spécifiquement pour les empêcher de témoigner sur le génocide en cours.

Gaza est un cimetière pour les soignants

Gaza est un cimetière en prison

 

Un génocide culturel

Un « génocide culturel » ou l’anéantissement des trésors multi-civilisationnels de Gaza

12 février 2024 - Ce qui subsiste de la Grande Mosquée Omari, la plus grande et la plus ancienne mosquée du nord de Gaza - Photo : Omar El Qattaa

Par Ibtisam Mahdi

La guerre d’Israël a ruiné des milliers d’années de riche patrimoine à Gaza, les experts palestiniens qualifiant cette destruction de génocide culturel.

Depuis le début des bombardements israéliens sur la bande de Gaza, d’innombrables trésors du patrimoine culturel palestinien ont été endommagés ou détruits.

Comme une grande partie du reste de l’enclave assiégée, ces repères inestimables et bien-aimés de l’histoire de notre peuple – sites archéologiques, structures religieuses millénaires et musées abritant des collections anciennes – sont aujourd’hui en ruine.

Le patrimoine culturel est une composante essentielle de l’identité d’une nation et revêt une signification symbolique énorme, comme le reconnaissent et le protègent d’innombrables conventions, traités et organismes internationaux.

Pourtant, le pilonnage de Gaza par Israël, qui en est à son cinquième mois, révèle un mépris cruel pour ces témoignages des milliers d’années de la riche histoire culturelle de Gaza, à tel point qu’il pourrait s’apparenter à un génocide culturel.

Les chercheurs tentent désespérément de répertorier ces sites et de déterminer leur état actuel, mais ils ne parviennent pas à suivre le rythme du carnage.

Si la perte de vies humaines est la plus grande tragédie de toute guerre, la destruction par Israël du patrimoine culturel physique de Gaza poursuit à peu près le même objectif : l’effacement du peuple palestinien. En effet, de nombreuses personnes interrogées dans le cadre de cet article estiment que c’est précisément la raison pour laquelle ces sites sont pris pour cible.

Trésors nationaux

Hamdan Taha est un érudit et archéologue de renom, ancien directeur général du département palestinien des antiquités à Gaza. Dans une interview accordée au magazine +972 après avoir réussi à quitter la bande de Gaza, il a souligné le rôle historique et civilisationnel profond joué par la Palestine en général, et Gaza en particulier, malgré sa petite taille géographique.

« Gaza a été le témoin d’un brassage culturel où les civilisations se sont entrecroisées, donnant naissance à un patrimoine culturel riche et diversifié », a-t-il expliqué. M. Taha a notamment évoqué le port de Gaza, qui a été pendant des siècles une plaque tournante du commerce méditerranéen et un lieu de ce multiculturalisme.

« Le patrimoine culturel reflète notre identité nationale », a-t-il poursuivi. « Il est le témoin des époques historiques et civilisationnelles que notre patrie a traversées. C’est un trésor national. »

Les ruines de Hammam al-Sammara – un bain séculaire dans le quartier Zeitoun de la ville de Gaza, le 12 février 2024 – Photo : Omar El Qattaa

Selon M. Taha, l’importance nationale de ces sites et leur potentiel pour attirer le tourisme et relancer l’économie de Gaza « ont conduit Israël à altérer intentionnellement des bâtiments historiques et archéologiques, dans le but d’effacer le lien entre la population de Gaza, sa terre et son histoire ».

Israël, a ajouté M. Taha, « veut déconnecter la population de Gaza de l’histoire de la terre, tout en essayant constamment de créer son propre récit et sa propre association avec l’endroit. »

Pendant la guerre de 2014 contre Gaza, Taha et d’autres archéologues ont formé un comité pour évaluer officiellement les dommages causés par les attaques d’Israël. Ils ont travaillé à la restauration et au recensement de toutes les antiquités de Gaza, en partie pour se préparer à de futurs bombardements. Cependant, l’ampleur de la guerre actuelle a eu raison de leurs efforts.

Compte tenu des bombardements incessants de la bande de Gaza depuis le 7 octobre, il est extrêmement difficile pour Taha et d’autres experts d’évaluer l’ampleur des dégâts, malgré les efforts des universitaires palestiniens et étrangers qui surveillent la situation à distance.

« La plupart des informations que nous obtenons proviennent de journalistes et d’individus qui capturent des scènes soit par hasard, soit en passant par le lieu en question », a-t-il expliqué. « Nous nous appuyons également sur les informations fournies par les habitants vivant à proximité des zones ciblées et sur les informations de dernière minute. D’après ces témoignages, il semble que les bombardements israéliens n’aient pas laissé grand-chose derrière eux. »

Il est difficile pour les experts de suivre l’évolution de la situation alors qu’ils sont pris pour cible.

Ismail al-Ghoul, qui réside actuellement dans la ville de Gaza et travaille pour Al Jazeera, est l’un des photojournalistes qui documentent ces ruines. Il a photographié les ruines de l’église byzantine, vieille de 1 600 ans, dans le quartier de Jabalia, ainsi que le Hammam al-Sammara, un établissement de bains vieux de plusieurs siècles, dans le quartier de Zeitoun.

« Le dernier bain historique de la bande de Gaza, dont l’histoire s’étend sur près de mille ans, est aujourd’hui en ruines », déplore-t-il. « La plupart des habitants de Gaza ont visité ce bain et ont vécu une expérience magnifique et inoubliable. Même les visiteurs de Gaza ont cherché à avoir un aperçu de ses célèbres propriétés curatives et thérapeutiques ».

Al-Ghoul a également photographié les ruines du Qasr al-Basha (palais du Pacha), datant du XIIIe siècle, qui se distingue par la remarquable préservation de ses détails architecturaux. Plus de 90 % du palais a été détruit par les bombardements israéliens et les bulldozers qui ont suivi, ne laissant qu’une petite partie encore debout.

Malgré le dévouement de photojournalistes comme al-Ghoul, la guerre a empêché de documenter toute l’étendue des dégâts.

« Il est difficile pour les experts de suivre l’évolution de la situation alors qu’ils sont eux-mêmes en déplacement, qu’ils sont pris pour cible et qu’ils se déplacent continuellement d’un endroit à l’autre », explique M. Taha. « Nous avons perdu plus de 10 experts en antiquités, dont quatre archéologues. »

Parmi les autres sites du patrimoine qui ont été gravement endommagés, on trouve la grande mosquée Omari, la plus grande et la plus ancienne du nord de la bande de Gaza, dont l’histoire remonte, selon certains témoignages, à 2 500 ans. La structure a été entièrement détruite, à l’exception de son minaret.

La grande mosquée Omari, la plus grande et la plus ancienne mosquée du nord de Gaza, avant sa destruction – Photo : Omar El Qattaa

La mosquée incarnait la richesse et la diversité de l’histoire de la bande de Gaza : à l’origine un ancien temple païen, elle a ensuite été transformée en église byzantine, puis en mosquée lors des conquêtes islamiques.

La mosquée Sayyed Hashim de la ville de Gaza a également été gravement endommagée. Située dans la vieille ville, la mosquée abritait la tombe de Hashim ibn Abd Manaf, le grand-père du prophète Mahomet, qui est si étroitement identifié à la ville que celle-ci est souvent appelée « Gaza de Hashim » dans la littérature palestinienne.

L’église Saint Porphyre, appelée localement « église orthodoxe grecque », qui, construite en 425 après J.-C., est l’une des plus anciennes églises du monde, a également été endommagée, et l’un des bâtiments situés à proximité de l’église a été complètement détruit.

Les dégâts à proximité de l’église Saint Porphyrius, appelée localement « église orthodoxe grecque », le 12 février 2024 – Photo : Omar El Qattaa

M. Taha a souligné que les dégâts ne se sont pas limités au seul nord de la bande de Gaza. Le musée de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le seul musée de la région, a été entièrement détruit.

Le musée Al Qarara, près de Khan Younis, qui possédait une collection d’environ 3 000 objets datant des Cananéens, la civilisation de l’âge du bronze qui vivait à Gaza et dans une grande partie du Levant au deuxième siècle avant J.-C., a été gravement endommagé.

Le sanctuaire d’Al-Khader, dans la ville centrale de Deir al-Balah, qui revêt une importance particulière car il s’agit du premier et du plus ancien monastère chrétien construit en Palestine, a également été endommagé lors du bombardement d’une zone située à proximité.

Dans toute la bande de Gaza, Israël a endommagé et détruit des sites historiques séculaires ainsi que des sites affiliés à l’islam et au christianisme. Tout est visé.

Toute l’histoire de Gaza est sur le point de s’effondrer

Haneen Al-Amassi, chercheuse en archéologie et directrice exécutive de la fondation Eyes on Heritage, lancée l’année dernière, considère que la destruction des sites archéologiques fait partie d’une campagne plus large contre la vie des Palestiniens.

« Les sites archéologiques sont des preuves tangibles et physiques attestant du droit des Palestiniens à la terre de Palestine et de leur existence historique sur celle-ci, depuis l’âge de pierre jusqu’à nos jours », a-t-elle déclaré à +972. « La destruction de ces sites dans la bande de Gaza de manière aussi brutale et systématique est une tentative désespérée de l’armée d’occupation d’effacer les preuves du droit du peuple palestinien sur sa terre ».

M. Al-Amassi a énuméré de nombreuses pertes importantes. L’ancien port de Gaza, également connu sous le nom de port d’Anthedon ou d’Al-Balakhiya, qui remonte à 800 ans avant J.-C., a été détruit. Dar al-Saqqa (maison Al-Saqqa) dans le quartier de Shuja’iya, à l’est de la ville de Gaza, construite en 1661 et considérée comme le premier forum économique de Palestine, a également été gravement endommagée.

La destruction de ces monuments et sites archéologiques, a souligné Mme Al-Amassi, représente une perte importante pour le peuple palestinien, une perte qu’il sera difficile, voire impossible, de compenser.

« Il est impossible de restaurer ces monuments malgré les bombardements incessants », a-t-elle déclaré. « Et avec le silence honteux des acteurs internationaux, les bombardements sur les sites archéologiques de Gaza ne feront que se multiplier. Toute leur histoire et leur caractère sacré sont sur le point de s’effondrer ».

Même lorsqu’ils ne sont pas la cible principale des bombardements israéliens, les sites archéologiques continuent d’être gravement endommagés.

Al-Amassi a déploré le musée Khoudary, également connu sous le nom de Mat’haf al-Funduq (hôtel-musée) dans le nord de Gaza, qui abritait des milliers de pièces archéologiques uniques, dont certaines remontaient aux périodes cananéenne et grecque ; le musée a été considérablement endommagé par le bombardement de la mosquée Khalid ibn al-Walid adjacente.

12 février 2024 – Le musée Khoudary, également connu sous le nom de Mat’haf al-Funduq (hôtel du musée) après le bombardement israélien de la zone – Photo : Omar El Qattaa

De même, le Khan d’Amir Younis al-Nawruzi, un fort historique construit en 1387 au centre de la ville méridionale de Khan Younis, a été endommagé par le bombardement du bâtiment municipal voisin.

Le monastère de Saint Hilarion à Tell Umm el-Amr près de Deir al-Balah, qui date de plus de 1600 ans, et la maison Al-Ghussein de la ville de Gaza, un bâtiment historique datant de la fin de la période ottomane, ont également été endommagés lors du bombardement des zones voisines.

L’Observatoire Euro-Med des droits de l’homme, basé à Genève, a accusé Israël de « viser intentionnellement toutes les structures historiques de la bande de Gaza ».

Le ministère du tourisme et des antiquités de Gaza a fait la même déclaration dans un communiqué de presse publié fin décembre : « L’occupation commet délibérément un massacre contre les sites historiques et archéologiques de la vieille ville de Gaza, assassinant l’histoire et les traces des civilisations qui ont traversé la bande de Gaza pendant des milliers d’années. »

Ces destructions, ciblées ou non, constituent une violation de la convention de La Haye de 1954, qui vise à protéger le patrimoine culturel en temps de paix comme en temps de guerre. M. Al-Amassi espère que l’Autorité palestinienne inclura ces violations dans sa requête auprès de la Cour pénale internationale.

Une accélération brutale de pratiques anciennes

Comme l’ont souligné de nombreux chercheurs, les destructions en cours à Gaza s’inscrivent dans le droit fil des pratiques d’effacement et d’appropriation mises en œuvre de longue date par Israël. Eyad Salim, historien et chercheur en archéologie à Jérusalem, a énuméré plusieurs sites du patrimoine qui ont été détruits par les forces israéliennes depuis la Nakba de 1948.

« Dans les villages palestiniens détruits en 1948, les mosquées, les sanctuaires islamiques et les sites patrimoniaux ont été soit fermés, soit détruits, soit convertis en synagogues », a-t-il déclaré. « Il s’agit d’une question longue et complexe ».

D’autres exemples incluent la destruction des quartiers Sharaf et Mughrabi de la vieille ville de Jérusalem au lendemain de la guerre de 1967 afin de créer une place devant le mur occidental, ainsi que de nombreuses tombes de musulmans vertueux.

Le Mur occidental et le quartier des Maghrébins, détruit après la prise de la vieille ville de Jérusalem par Israël lors de la guerre de 1967, pris entre 1898 et 1946 – Photo : Département photo de la colonie américaine

Salim souligne que divers organismes publics – l’armée, l’Autorité des antiquités et l’Administration civile – ont tous joué un rôle dans cette destruction et cette appropriation.

« Pour mettre en œuvre son plan de construction de l’« État juif », Israël est confronté à des défis identitaires, géographiques et démographiques », poursuit-il. « Il s’attribue donc des villes, des villages, des sites urbains, la mode, la nourriture, l’artisanat et les industries traditionnelles [palestiniens], qu’il promeut dans les forums internationaux et qu’il utilise dans le cadre de son projet de judaïsation ».

Une grande partie de cet effacement se produit subtilement, en rendant simplement difficile la survie des institutions du patrimoine culturel palestinien.

C’est particulièrement évident à Jérusalem, a expliqué Salim, où la municipalité impose des taxes déraisonnablement élevées, surveille les institutions culturelles, demande arbitrairement des informations, bloque le financement, les menace de fermeture et interdit toute indication de soutien officiel du gouvernement palestinien aux institutions de Jérusalem.

Ce dont nous sommes actuellement témoins à Gaza, cependant, c’est d’une accélération brutale de l’effacement du patrimoine palestinien par Israël. La destruction rapide de nombreux sites précieux au cours des premières semaines de la guerre a rapidement suscité l’inquiétude des archéologues et des chercheurs du monde arabe.

Les 11 et 12 novembre, l’Égypte a accueilli la 26e conférence internationale des archéologues arabes organisée par la Ligue arabe des archéologues, qui était axée sur la solidarité avec la population de Gaza.

La Palestine était représentée par Husam Abu Nasr, un historien de Gaza qui accompagnait sa mère pour un traitement médical en Égypte lorsque la guerre a éclaté. Abu Nasr a présenté un rapport sur les musées de la bande de Gaza qui avaient été endommagés jusqu’à ce moment de la guerre.

La Ligue a créé un fonds destiné à soutenir la reconstruction et la restauration de tous les sites et institutions du patrimoine, ainsi que de tous les établissements d’enseignement qui ont été détruits à Gaza. Elle a également promis de donner des conseils sur les efforts de restauration à la fin de la guerre.

« En ciblant les bâtiments et les sites historiques, les archéologues, les universitaires et les chercheurs, Israël cherche à effacer l’identité palestinienne, et en particulier l’identité gazaouie, et à la rendre dépourvue d’histoire et de civilisation », a déclaré M. Abu Nasr à +972. « Israël veut effacer notre mémoire nationale, promouvoir la distorsion des faits et lutter contre le récit palestinien ».

Ce faisant, a-t-il souligné, il s’agit d’une violation du droit international et du droit humanitaire.

Mettant en perspective la destruction du patrimoine de Gaza par Israël, M. Taha a souligné que « les vies humaines sont ce qu’il y a de plus important, et rien ne vient avant. Mais en même temps, la préservation et la protection du patrimoine et de la culture font partie intégrante de la protection du peuple et de son esprit. »

Les Palestiniens de Gaza, mais aussi l’humanité dans son ensemble, subiront une grande perte si Israël continue à détruire le patrimoine culturel de la bande de Gaza sans en subir les conséquences.

17 février 2024 – +972Mag – Traduction : Chronique de Palestine – Éléa Asselineau

Écrire commentaire

Commentaires: 0