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Samedi 17 février, BDS FRANCE organisait une journée nationale d'action.

Le collectif 69 Palestine et BDS-France ont alors organisé la campagne de Boycott des enseignes Carrefour. Sur les marchés et devant plusieurs Carrefour de l'agglométation (Vénissieux, Villeurbanne, Vaulx en Velin), des militants ont distribué des tracts et informé les gens du role de Carrefour dans le soutien à l'armée israélienne, et donc au génocide en cours, et à l'occupation illégale de la Palestine. Plus d'infos ici

Samedi 10 février 2024 - place Bellecour à Lyon
Une nouvelle fois, un millier de sympathisant.e.s de la cause palestinienne se sont retrouvés, à l'appel du Collectif 69 de soutien au peuple palestinien pour exiger le cessez le feu à Gaza, pour crier leur indignation devant la passivité et (ou)  la complicité affichée de nombreux gouvernements avec Israël.

 

Plus d'une centaine de panneaux avec les visages et les noms de Gazaouis enfants, adultes, personnes âgées mortes sous les bombes israéliennes ont attiré l'attention des nombreux passant qui traversaient la place Bellecour.

 

Bravo aux adhérent.e.s de Couleurs Palestine présent.e.s qui ont bravé la pluie battante pour afficher une fois encore leur soutien aux habitants martyrisés de Gaza et à l'ensemble du peuple palestinien !

NOUS NE LES ABANDONNERONS PAS

 

MANIFESTATION  à  GENEVE

 

Samedi 3 février avait lieu à Genève à l’appel du député LFI  de Savoie Jean-luc Coulomme une marche pour exiger la paix et le respect du droit international à Gaza. Initiative à laquelle se sont joints les groupes locaux AFPS des départements voisins de la Suisse et le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien dont une dizaine de membres parmi lesquels un militant de Couleurs Palestine 69 ont fait le déplacement.

Ce sont finalement plus de 2000 manifestant.e.s selon « La Tribune de Genève » qui se sont regroupés à 14h au bord du lac, face au Mont Blanc, devant le palais Wilson. Après plusieurs prises de parole dont celle sur la Cour Pénale Internationale au nom du Collectif 69, celle d’une militante de l’UJFP et celle de la présidente nationale de l’AFPS, le cortège des manifestant.e.s s’est dirigé vers le Haut Commissariat de l’ONU aux Droits de l’Homme pour finir devant le siège de l’ONU où d’autres prises de parole ont eu lieu dont celle du précédent maire de Genève, de Livia Zbinden vice-présidente du conseil municipal de Genève, d’un membre du Collectif juif décolonial Tsedeki et en clôture celle de jean luc Mélenchon toujours aussi percutant :

"A cet instant, des femmes, des hommes, des enfants, des familles, par milliers, centaines de milliers vivent sous ls bombes, le massacre, les crimes, la frayeur et de cet enfer monte la clameur du peuple, la nôtre. ...Le seul cri que nous voulons pousser à cet instant est CESSEZ LE FEU !!! Notre devoir est de hurler, de protester et d’exiger le CESSEZ LE FEU !!!"

 

La conférence de Gilles Devers, avocat qui a déposé plainte auprès de la CPI avec 500 autres avocats, qui devait avoir lieu jeudi 1er février, a été annulée 2 fois par la préfète du Rhône, à la demande du CRIF.

Cette conférence avait été initialement organisée par des étudiants de Lyon2, dans les locaux de l'Université, puis, suite à l'annulation au motif de risque de troubles pour les étudiants juifs, avait été programmée à la bourse du travail. Mais cela n'a pas empêché la préfète de trouver un nouveau motif pour l'annuler, le jour même!

L'état, aux ordres du CRIF, empêche toute expression sur le conflit en cours et censure toute critique sur le comportement de l'état d'Israël.

Samedi 27 janvier 2024, place Bellecour, un millier de personnes était rassemblé pour réclamer un cessez le feu immédiat et définitif à Gaza

 

Diverses actions ont alimenté ce rassemblement :

- Panneaux « Cessez-le-feu » en grandes lettres tenues par les militants,

- 50 photos de gazaouis assassinés,

- Rouleau de papier sur lequel les participants ont écrit des messages,

Et une magnifique exposition de 120 portraits de palestiniens assassinés.

Samedi 20 janvier Une marche pour Gaza a rassemblé de nombreux manifestants.

Le 17 janvier a eu lieu une conférence intitulée "Est-ce que la France vend des armes à Israël"? avec l'Observatoire des armements 

Voir l'article de l'Observatoire des armements

Samedi 13 janvier 2024 des citoyens étaient réunis place des Terreaux pour soutenir le peuple de Gaza et demander l'arrêt immédiat du génocide en cours.

 

Devant l'Hôtel de Ville, des portraits de victimes sont encadrés, posés au sol devant des bougies. La vie de quelques uns de ces milliers de Palestiniens est lue au micro : c'étaient des enfants, ils buvaient le thé lorsqu'un missile les a assassinés, c'était des nourrissons hospitalisés tués par des militaires israéliens, des jumelles de 15 jours tuées par un missile, un handicapé mort de famine, une famille de 53 personnes mortes sous les bombes, un jeune homme battu à mort par des israéliens, 30 personnes enfants, femmes, personnes âgées, tuées à bout portant par les soldats israéliens, une femme enceinte blessée par les soldats qui l'ont laissée se vider de son sang, .... ce n'était pas seulement des nombres, c'était des être humains lâchement assassinés par les israéliens.

 Gaza est un cimetière pour les journalistes : 113 journalistes ont été tués dans la bande de Gaza en 99 jours. Ils sont ciblés spécifiquement pour les empêcher de témoigner sur le génocide en cours.

Gaza est un cimetière pour les soignants

Gaza est un cimetière en prison

 

Vendredi 29 décembre, une veillée pour la Palestine était organisée par le collectif 69 pour la Palestine.

 

Portraits de palestiniens assassinés sous les bombes israéliennes.

Des êtres humains, pas des nombres. Des êtres qui avaient une vie.

 

Nous devons rester mobilisés face au carnage, au génocide en cours. 

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

Bouleversante « Lettre à un enfant de Gaza” par Chris Hedges

Chris Hedges est ancien correspondant de guerre au New York Times et lauréat du prix Pulitzer.

Cher enfant. Il est minuit passé. Je vole à des centaines de kilomètres à l'heure dans l'obscurité, à des milliers de mètres au-dessus de l'océan Atlantique. Je me rends en Égypte. J'irai jusqu'à la frontière de Gaza à Rafah. J'y vais pour toi.

Tu n'as jamais pris l'avion. Tu n'as jamais quitté Gaza. Tu ne connais que les rues et les ruelles bondées. Les taudis de béton. Tu ne connais que les barrières de sécurité et les clôtures surveillées par des soldats qui entourent Gaza. Les avions, pour toi, c'est terrifiant. Les avions de chasse. Les hélicoptères d'attaque. Les drones. Ils tournent au-dessus de toi. Ils larguent des missiles et des bombes. Des explosions assourdissantes. Le sol tremble. Des bâtiments s'effondrent. Les morts. Les cris. Les appels à l'aide étouffés sous les décombres. Cela ne s'arrête pas. Nuit et jour. Pris au piège sous les tas de morceaux de béton. Tes camarades de jeu. Tes camarades de classe. Tes voisins. Disparus en quelques secondes. Tu vois les visages crayeux et les corps inanimés quand ils sont déterrés. Je suis journaliste. C'est mon travail de voir ça. Tu es un enfant. Tu ne devrais jamais voir ça.

La puanteur de la mort. Des cadavres en décomposition sous du béton brisé. Tu retiens ta respiration. Tu te couvres la bouche avec un tissu. Tu marches plus vite. Ton quartier est devenu un cimetière. Tout ce qui était familier a disparu. Tu regardes avec stupéfaction. Tu te demandes où tu es.

Tu as peur. Explosion après explosion. Tu pleures. Tu t'accroches à ta mère ou à ton père. Tu te bouches les oreilles. Tu vois la lumière blanche du missile et tu attends l'explosion. Pourquoi est-ce qu'ils tuent des enfants ? Qu'est-ce que tu as fait ? Pourquoi personne ne peut te protéger ? Vas-tu être blessé ? Vas-tu perdre une jambe ou un bras ? Vas-tu devenir aveugle ou te déplacer en fauteuil roulant ? Pourquoi es-tu né ? Était-ce pour quelque chose de bien ? Ou était-ce pour ça ? Est-ce que tu vas grandir ? Est-ce que tu seras heureux ? Que se passera-t-il sans tes amis ? Qui mourra ensuite ? Ta mère ? Ton père ? Tes frères et sœurs ? Quelqu'un que tu connais va être blessé. Bientôt. Quelqu'un que tu connais va mourir. Bientôt.

La nuit, tu t'allonges dans l'obscurité sur le sol froid en ciment. Les téléphones sont coupés. L'internet ne marche pas. Tu ne sais pas ce qui se passe. Il y a des éclairs de lumière. Il y a des vagues d'explosions, des commotions. Il y a des cris. Ça ne s'arrête pas.

Lorsque ton père ou ta mère partent à la recherche de nourriture et d'eau, tu attends. Cette terrible sensation dans l'estomac. Reviendront-ils ? Les reverras-tu ? Ta petite maison sera-t-elle la prochaine ? Les bombes te trouveront-elles ? S'agit-il de tes derniers instants sur Terre ?

Tu bois de l'eau salée, sale. Elle te rend très malade. Tu as mal au ventre. Tu as faim. Les boulangeries sont détruites. Il n'y a plus de pain. Tu manges un repas par jour. Des pâtes. Un concombre. Bientôt, ça te semblera un festin.

Tu ne joues pas avec ton ballon de football fait de chiffons. Tu ne fais pas voler ton cerf-volant fabriqué avec de vieux journaux.

Tu as vu des journalistes étrangers. Nous portons des gilets pare-balles avec le mot PRESS écrit dessus. Nous avons des casques. Nous avons des caméras. Nous conduisons des jeeps. Nous apparaissons après un bombardement ou une fusillade. Nous restons longtemps assis autour d'un café et nous parlons aux adultes. Puis nous disparaissons. En général, nous n'interrogeons pas les enfants. Mais il m'est arrivé d'interviewer des groupes d'enfants qui se pressaient autour de nous. Riaient. Nous pointaient du doigt. Nous demandaient de vous prendre en photo.

J'ai été bombardé par des avions à réaction à Gaza. J'ai été bombardé pendant d'autres guerres, des guerres qui se sont déroulées avant ta naissance. Moi aussi, j'ai eu très, très peur. J'en rêve encore. Lorsque je vois les images de Gaza, ces guerres me reviennent avec la force du tonnerre et de la foudre. Je pense à toi.

Tous ceux d'entre nous qui ont fait la guerre la détestent surtout à cause de ce qu'elle fait aux enfants.

J'ai essayé de raconter ton histoire. J'ai essayé de dire au monde que lorsqu'on est cruel avec les gens, semaine après semaine, mois après mois, année après année, décennie après décennie, lorsqu'on les prive de liberté et de dignité, lorsqu'on les humilie et les enferme dans une prison à ciel ouvert, lorsqu'on les tue comme s'ils étaient des bêtes, ils deviennent très en colère. Ils font aux autres ce qu'on leur a fait. Je l'ai dit et redit. Je l'ai dit pendant sept ans. Peu de gens m'ont écouté. Et maintenant, ça.

Il y a des journalistes palestiniens très courageux. Trente-neuf d'entre eux ont été tués depuis le début de ces bombardements. Ce sont des héros. Tout comme les médecins et les infirmières de vos hôpitaux. Tout comme les travailleurs de l'ONU. Quatre-vingt-neuf d'entre eux sont morts. Tout comme les ambulanciers et les médecins. Tout comme les équipes de secours qui soulèvent les dalles de béton avec leurs mains. Tout comme les mères et les pères qui vous protègent des bombes.

Mais, nous ne sommes pas là. Pas cette fois-ci. Nous ne pouvons pas entrer. Nous sommes enfermés dehors.

Des journalistes du monde entier se rendent au poste frontière de Rafah. Nous y allons parce que nous ne pouvons pas assister à ce massacre sans rien faire. Nous y allons parce que des centaines de personnes meurent chaque jour, dont 160 enfants. Nous y allons parce que ce génocide doit cesser. Nous y allons parce que nous avons des enfants. Comme toi. Précieux. Innocents. Aimés. Nous venons parce que nous voulons que tu vives.

J'espère qu'un jour nous nous rencontrerons. Tu seras un adulte. Je serai un vieil homme, même si pour toi je suis déjà très vieux. Dans mon rêve pour toi, je te trouverai libre, en sécurité et heureux. Personne n'essaiera de te tuer. Tu voleras dans des avions remplis de gens, pas de bombes. Tu ne seras pas enfermé dans un camp de concentration. Tu verras le monde. Tu grandiras et tu auras des enfants. Tu vieilliras. Tu te souviendras de cette souffrance, mais tu sauras qu'elle signifie que tu dois aider d'autres personnes qui souffrent. C'est mon espoir. Ma prière.

Nous t'avons laissé tomber. C'est la terrible culpabilité que nous portons. Nous avons essayé. Mais nous n'avons pas essayé assez fort. Nous irons à Rafah. Nous serons nombreux. Des journalistes. Nous nous tiendrons devant la frontière avec Gaza pour manifester. Nous écrirons et filmerons. Voilà ce que nous ferons. Ce n'est pas grand-chose. Mais c'est quelque chose. Nous raconterons à nouveau ton histoire.

Peut-être que cela suffira pour gagner le droit de te demander pardon.

 

Sources :

article traduit et publié sur le site web En dehors de la boîte

https://www.endehorsdelaboite.com/fr/articles/lettre-aux-enfants-de-gaza

article original (en anglais) publié sur le site web ScheerPost

https://scheerpost.com/2023/11/08/chris-hedges-letter-to-the-children-of-gaza/

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Commentaires: 2
  • #1

    jo (lundi, 18 décembre 2023 10:08)

    poignant et tellement vrai!
    une leçon et une goutte d'Humanité dans un oçéan de sauvagerie!

  • #2

    zaza vaillé (mardi, 19 décembre 2023 10:29)

    merci pour cette "bouleversante lettre"
    et merci pour celles qui alimentent le site de Couleurs Palestine